L’azote, le phosphore et le potassium sont les trois piliers de la fertilité des sols. Présents naturellement dans nos excrétats, ils évoluent selon des cycles biogéochimiques qui assurent depuis des millénaires l’équilibre des écosystèmes et la productivité agricole.
L’assainissement conventionnel a rompu ces cycles. Les nutriments issus de notre alimentation, absorbés, métabolisés, puis excrétés, sont aujourd’hui traités comme des déchets à éliminer plutôt que comme des ressources à valoriser. Une aberration qui contribue au dépassement de plusieurs limites planétaires.
Les stations d’épuration ne parviennent pas à dépolluer entièrement les eaux usées avant de les rejeter dans les milieux aquatiques. Résultat : contamination des cours d’eau, eutrophisation, pression sur la biodiversité.
Par ailleurs, éliminer l’azote contenu dans les eaux usées en station d’épuration est énergivore. Autant d’énergie que l’on pourrait économiser en évitant de mélanger nos excrétats à l’eau potable dès le départ.
Plutôt qu’éliminer, récupérer et réutiliser. L’assainissement circulaire repose sur deux leviers complémentaires.
La séparation à la source
Les toilettes sèches urbaines permettent de collecter séparément urine et fèces, avant toute dilution. Cette séparation préserve la qualité et la concentration en nutriments des matières collectées, et économise en moyenne 6 litres d’eau par chasse d’eau non tirée.
Le retour au sol
Les excrétats traités deviennent des fertilisants agricoles naturels, riches en azote, phosphore et potassium. Réintroduits dans les cycles agronomiques locaux, ils réduisent la dépendance aux engrais chimiques de synthèse et restaurent la fertilité des sols sur le long terme.
Dans un rayon de 30 km autour de Bordeaux, la MAMO démontre qu’un territoire peut produire ses propres fertilisants agricoles à partir des excrétats de ses habitants. De l’installation des toilettes sèches jusqu’au retour au sol, en passant par le traitement des matières et la formation des acteurs : la filière se structure de bout en bout.
Ce modèle représente une opportunité majeure pour la transition écologique des territoires ruraux et péri-urbains de Nouvelle-Aquitaine, et un exemple reproductible à l’échelle nationale.
Collectivités, agriculteurs, professionnels du bâtiment, opérateurs : votre rôle dans cette chaîne existe déjà. La MAMO est là pour vous y accompagner.